L’invité de la semaine est Abe
Sylla
Kibarou.com
: Vous êtes Mr Ibrahima Abe Sylla qui, par la qualité de vos interventions sur
notre site, ne serait plus à présenter. Vous êtes donc Mathématicien, Ingénieur,
Président de la firme Aisengineering, à Washington, et aussi Président d’un des
derniers nés de nos partis politiques en Guinée, le Rassemblement Guinéen des
Travailleurs (RGT). En observateur et acteur récent sur la scène politique
Guinéenne, vous n’êtes pas sans un message pour nos compatriotes sur une
situation dont l’inquiétude est des plus grandissantes: la Guinée d’aujourd’hui
?
Ibrahima
Abe Sylla :
Avant d’aborder les questions qui constituent la trame de cette déclaration, je
vous remercierais pour tout l’effort que vous déployez dans le sens de
l’information de nos compatriotes sur notre patrimoine commun la Guinée, et
aussi, je crois devoir partager ici, avec les mêmes compatriotes qui m’écoutent
et me lisent, les pensées qui inspirent et expliquent le sens et l’objectif qui
guident mon engagement politique au sein du RGT, mon Parti.
Je suis
certain que ces citations permettront de mieux décoder mon message que cependant
je crois simple et intelligible.
"Le
patriotisme c'est l'amour des siens, le nationalisme c'est la haine des autres."
Romain Gary
"Je
n'ai jamais cru qu'aimer sa patrie empêchât d'aimer ses enfants. Je n'aperçois
point davantage que l'internationalisme de l'esprit ou de la classe soit
irréconciliable avec le culte de la patrie. Ou plutôt, je sens bien, en
interrogeant ma propre conscience, que cette antinomie n'existe pas. C'est un
pauvre cœur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d'une tendresse."
Marc Bloch
J’en viens
à présent à l’exposé de mes idées, principes, constat et position sur la
situation actuelle de notre pays, la Guinée. La conjoncture politique et sociale
guinéenne est hors de toute norme et devient par cela troublante et
passionnément délicate et préoccupante pour le citoyen, du fait qu’elle se
caractérise par un phénomène anticonstitutionnel qui aggrave la décrépitude de
l’Etat et met en péril la démocratie et la bonne gouvernance qui fondent la
noblesse d’une République.
Ce
phénomène résulte de la détention ou de la confiscation du Pouvoir d’Etat par
quelques fonctionnaires de la Présidence de la République agissant en
joint-venture avec l’adjudant-chef devenu sous-lieutenant Claude Pivi, alias
Coplan, au mépris des Institutions Républicaines. J’y reviendrai plus loin.
Conjoncture Politique et sociale actuelle
Depuis
quelques années, longues et pénibles, la République de Guinée présente la mine
d’un pays politiquement instable, économiquement faible, socialement désintégré
avec une insécurité grandissante. La Guinée est devenue un pays sous tension
constante sur fond de crises cycliques. Le Guinéen a perdu les repères et les
valeurs qui fondent la responsabilité citoyenne ; les droits élémentaires sont
méconnus ou bafoués.
L’intensification progressive des tensions politiques et sociales est une source
de préoccupation pour l’ensemble des observateurs de la vie publique guinéenne.
Les
manifestations itératives qui témoignent du mécontentement général des
populations, en raison de l’érosion constant de leur pouvoir d’achat, les
sévices et violations perpétrés, tant par les bandits que par les forces
régulières, l’ampleur inquiétante de l’insécurité sont autant de faits qui
attisent et aggravent ces tensions.
Le
sentiment de frustration au sein des diverses couches sociales, résultant de
l’absence de dialogue entre les différentes composantes de la société guinéenne,
à savoir le Gouvernement, les Partis Politiques, la société civile, les cadres,
les paysans, les civils et les militaires forme le plus grave facteur et
catalyseur de conflits.
Nous
devons, tous et dans l’unité, participer à l’apaisement des tumultes qui
secouent et menacent le Pays, notre Pays. Nous devons vouloir et vouloir
âprement que nos différences nous enrichissent et que jamais elles ne nous
divisent.
Devant ces
ébullitions si fortes et douloureuses, apaiser le climat social est un défi à
relever de toute urgence. J’invite tous les Partis et Syndicats à s’y engager et
y contribuer.
Les
gouvernants doivent s’y employer avec courage, foi et abnégation. Il s’agit de
faire en sorte que la paix sociale soit restaurée, que la confiance entre les
citoyens, les Institutions de la République et leurs soldats soit retrouvée.
Pour y
parvenir, il est indispensable pour les hommes en uniformes de recouvrer et
observer avec constance l’esprit citoyen, afin que la devise de notre République
revête sa signification profonde, celle de rendre le faible fort, sans affaiblir
le fort, d’enrichir le pauvre, sans appauvrir le riche, par la vertu du Travail,
la force de la justice et la beauté de la solidarité. Tel est le défi qu’il faut
relever par la restauration de l’autorité de l’Etat.
Trois
actions s’inscrivent comme priorité des priorités.
La réorganisation de l’Armée,
L’organisation des élections législatives et présidentielles,
La reforme de l’Administration
I-
L’ARMEE
Consubstantielle à l'Etat, l'armée est historiquement la première institution
étatique spécialisée à des fins de puissance publique, pour garantir l’exercice
du pouvoir régalien émané de la société, maintenir l’ordre public, la sécurité
des personnes et des biens et défendre l’intégrité du territoire.
L’Armée ne
saurait être indifférente aux mouvements et revendications qui bouleversent la
vie politique et, plus profondément, aux spasmes des luttes pour la conquête du
pouvoir d’Etat et l’exercice des droits civils, politiques, économiques et
culturels.
Aujourd’hui, il est impératif de comprendre les rapports qu'entretient l'armée
avec la société guinéenne dont elle émane. Le RGT souligne deux repères
principaux qui permettront d’en discerner les particularités : le recrutement et
le commandement.
Le
recrutement éclaire les liens entre l'armée et la population dont elle est issue
ou pour la protection de laquelle elle est créée et organisée.
Le système
de commandement met en lumière sa cohérence et le lien de subordination qui
l’attache au pouvoir d'Etat et la soumet à la loi et aux autorités civiles élues
ou légalement établies.
Ces deux
repères sont sources de préoccupations.
LE RECRUTEMENT
Le
recrutement dans l’armée n’obéit pas au principe de qualité morale des
postulants. On y fourre ceux qui ont montré l’incapacité d’accepter l’éducation
familiale, qui ont échoué à l’école, qui ont été incapable de se faire un
métier, et plus fréquemment ceux qui sont tombé dans la délinquance. En les
proposant, il est dit que l’armée le redressera.
La mission
de l’armée est-elle de redresser les délinquants ou au contraire de veiller au
maintien des valeurs morales et éthiques de la société ? Confions à d’autres
institutions à créer et spécialiser le soin du redressement.
La source
principale des maux de notre armée est dans le recrutement du soldat. Dans tous
les pays qui se veulent civilisés, l’armée est le regroupement de compétences
diverses de niveau élevé. Les meilleures formations, les recherches les plus
pointues, les technologies et métiers de pointe sont dans les armées, sauf, bien
entendu, en Guinée.
Le métier
de soldat n’est pas de semer la terreur et la mort, mais de défendre la Patrie,
de rétablir la paix partout où elle est rompue ou menacée, de sortir l’orphelin
de la détresse et de donner l’eau à l’assoiffée et d’apporter un rayon de
lumière sur le visage de l’affligé. C’est ce soldat que nous avons appris à
connaître avec l’équipe des Kaman Diaby, Abou Soumah, Thierno Diallo, Noumandian
Keita, Ibrahima Sylla, Louis Lamine Diallo et bien d’autres hommes de valeur,
malheureusement victimes d’une hérésie politique.
Le soldat
étant une force de production a le droit de revendiquer, d’aspirer au bien-être
et au bonheur comme tout citoyen. Sa différence avec son frère est qu’il s’est
engagé à donner sa vie, à verser sa sueur et son sang pour apporter à son père
et sa mère, à sa sœur et son frère les vraies beautés de la vie que procurent la
paix, la liberté, la justice et la sécurité. Le soldat est un Héros du peuple.
Nous devons
reconnaitre aujourd’hui que la paix et la sécurité sont sous constante menace ou
violation en Guinée. Or, il est de la mission et de l’honneur de l’armée de les
imposer et les faire respecter. Le soldat doit accomplir cette mission par
l’exemplarité de sa conduite quotidienne qui doit rester conforme, en toutes
circonstances, à la rectitude de la discipline et des traditions militaires.
Cet effort
d’apaisement du climat politique et social doit commencer par le respect du
règlement militaire, le respect des lois au sommet desquelles trône la Loi
Fondamentale dont chaque soldat doit demeurer la sentinelle fidèle et loyale.
Mais
faut-il savoir les lire, les comprendre et les intégrer dans le comportement
quotidien de manière à les transformer en réflexe. Tel qu’il est recruté
aujourd’hui, le soldat guinéen est loin de remplir sa mission de sentinelle de
la paix.
ROMPRE LE CYCLE VICIEUX
Aujourd’hui, il faut rompre le cycle vicieux des crises profondes et
persistantes qui endeuillent la Guinée. La vie de chaque citoyen, pauvre ou
riche, est pareillement précieuse, le soldat guinéen doit se garder d’en perdre
une seule.
Le RGT sait
que l’exécutif n’a pas de remède miracle. C’est pourquoi mon Parti recommande
aux leaders de la République de Guinée de s’efforcer d’être à l’écoute du
soldat, d’entretenir avec tous les citoyens, tous les Partis, toutes les
composantes de la nation un dialogue franc et sans complaisance. D’entretenir
une consultation fréquente avec les officiers supérieurs à la retraite.
Ce dialogue
doit pouvoir créer et entretenir chez le soldat et dans la caserne l’esprit de
solidarité de corps et l’engagement citoyen pour la défense de la Patrie.
Le premier
pas à faire sous la forme d’une solution palliative et urgente consiste à
concevoir et réaliser un vaste de programme de formation civique dans les camps,
en complément à la formation militaire. Cette formation aura pour base
fondamentale la connaissance et la vulgarisation de la loi Fondamentale, du ou
des règlements militaires ainsi que les règles du droit humanitaire. Il s’agit
de poursuivre plus en avant les efforts déjà consentis
SYSTEME DE COMMANDEMENT MILITAIRE
S'agissant
du système de commandement militaire, la question centrale est : comment la
hiérarchie militaire est-elle articulée sur le pouvoir d'Etat ?
L’agent
central du système de commandement militaire est, de toute apparence, un organe
collectif, dénommé Etat Major Général, qui devrait être composé de stratèges et
autres généraux promus par leur valeur technique et éthique et qui en imposent
justement par leur posture morale et le respect qui découle de leur connaissance
martiale.
Les
conditions obscures de promotions au grade, le népotisme, la corruption,
l’irresponsabilité des officiers supérieurs entrainent aujourd’hui l’effet
pervers de l’apparition d’un quidam surnommé ‘’COPLAN ‘’.
Le sieur ‘’COPLAN’’
donne le spectacle affligeant d’une armée en pleine agonie, impuissante,
totalement désarticulée de toute autorité étatique, incontrôlée et
potentiellement régicide ou génocide.
LA REFORME DE
L’ARMEE
Le RGT
pense que l’efficacité et la crédibilité du commandement militaire seront
acquises à partir du moment où, quelle que soit l'origine sociale du soldat ou
de l’élève-officier, le métier des armes deviendra l'objet d'une formation
spéciale ouvrant l'accès à la promotion aux plus qualifiés, sur des bases
objectives et transparentes.
La réforme
de l’armée aura pour point de départ l’élaboration et la vulgarisation des
règles strictes de recrutement et de promotion dans le grade et dans la
fonction.
Universellement, l'armée constitue une pyramide unique, quoiqu’elle se compose
de branches distinctes. En conséquence, le recrutement et l’avancement dans les
grades doivent dépendre uniquement de la hiérarchie militaire et ne doivent pas
s'ouvrir à la décision ou l’intervention d'autres rouages de l'Etat ou à un
quelconque lobbysme.
CADRE NATIONAL DE CONCERTATION
Il importe
aujourd’hui de réfléchir sur la création d’un cadre national de concertation sur
la paix et la sécurité, afin de mobiliser toute la population à leur
restauration.
Il faut
rétablir la confiance entre l’armée et toutes les différentes composantes de la
population, les sieurs COPLAN et consorts doivent être invités à la retenue
dans les propos et les actes, à des comportements responsables propres à
conjurer les tensions et conflits et à favoriser la recherche pacifique de
solutions idoines aux problèmes de l’armée et de la nation entière.
J’invite le
Gouvernement, en collaboration avec la hiérarchie militaire existante, à faire
en sorte que désormais les affaires militaires soient réglées dans les garnisons
et qu’elles ne débordent jamais et en aucune manière les enceintes des casernes.
Le RGT
souligne que tout problème a une solution et que la méthode pacifique doit
toujours prévaloir.
Un grand
Général disait qu’il est faux de penser que le bon soldat aime la guerre et la
mort. Le bon soldat aime tellement la vie, la paix et la sécurité qu’il est prêt
à sacrifier sa vie pour les défendre.
A la
lumières des récents événements, le RGT est de l’avis que nous devons commencer
à « prendre un virage nouveau », mais nous devons comprendre que l’arrivée de
nouvelles idées qui fleurissent parmi les hommes de troupes, ne peut pas être
réalisée du jour au lendemain.
Nous devons
nous assurer que chaque jour qui passe doit marquer un progrès nouveau. Il faut
aller de l’avant, mais en procédant de façon prudente et responsable. Civils et
militaires, tous citoyens de la nation Guinéenne, nous devons cheminer ensemble,
toujours en avant, vers le mieux-être, dans une marche fraternelle où règnent la
discipline, l’ordre et l’harmonie.
LE ROLE DU MINISTERE DE LA DEFENSE
Il sera du
rôle du ministère de la défense, de faire prévaloir l’esprit d’équipe au sein
des casernes et unités, car par nature, l’Armée est une vaste équipe. Plus
exactement un ensemble d’équipes travaillant en réseau.
Le RGT est
convaincu que s’il fait fonctionner l’esprit et le travail d’équipe et de réseau
qui constituent le fil et la trame de l’art militaire, nos problèmes seront
aisément et durablement résolus.
Y a-t-il
dans un pays, un plus grand réservoir de ressources humaines et de compétences
que l’Armée ? La notre fait exception à cette règle cardinale.
L’Armée
mieux organisée, mieux structurée donnerait à manger à toute la Guinée.
Souvenons-nous du ‘’Génie Militaire’’, de l’EMA (entreprise militaire agricole)
qui ont contribué, sous Kaman Diaby à faire les routes et développer des
activités agricoles.
Les soldats
doivent reconquérir cette pole position. C’est pourquoi, le Ministère de la
défense doit travailler à reformer notre institution militaire, tant du point de
vue structurel et fonctionnel que mental.
Les
soldats doivent créer et produire eux-mêmes ce qui remplira leurs gamelles, sans
attendre de malheureux salaires Le militaire est une force de vie, une force
créatrice de richesses, un producteur de biens.
Le RGT
tient à rappeler que le principe fondamental de l’art militaire est de survivre
à toute circonstance nouvelle ou périlleuse, par les aptitudes du soldat à
mépriser le danger et la souffrance et sa vertu à préserver et conserver la vie.
Donner la
mort ou infliger la douleur ou la destruction doivent être imposés et rendus
inévitables par les circonstances extérieures à la volonté du soldat en combat.
Jules César
le romain, Napoléon le français, Chaka le Zulu et Georges Patton l’américain,
tous, de célèbres Chefs militaires, à des siècles ou décennies de distance, sont
d’accord pour dire que la plus importante victoire d’un soldat, c’est la
victoire sur lui-même.
Apprendre à
se maitriser, à contrôler sa peur, ses colères et ses joies, à surmonter ses
douleurs et ses frustrations sont la raison et le sens des formations que
subissent les soldats durant toute la carrière militaire.
SESSIONS DE REFLEXION
Le RGT
invite à relire notre devise : Travail, Justice, Solidarité.
Nous avons
manqué de travail, la justice a été méconnue et la solidarité a été étouffée par
nos comportements quotidiens. Dès lors, la rue et les casernes ont fait retentir
les bruits de bottes et de fusils.
La
frustration et le sens de l’impatience des soldats et des populations sont
compris, puisque chacun les a vus et vécus, mais c’est ici et maintenant,
l’occasion de montrer notre capacité humaine à maitriser nos pulsions, dominer
nos passions et mener une analyse en profondeur de la situation de notre pays et
de l’environnement international, afin de trouver des solutions durables à nos
maux.
Le RGT,
mon Parti, invite les militaires sous la bannière des différentes unités et
armes de lancer, avec la permission du Commandant en Chef des forces armées
guinéennes, dans les prochains jours, semaines et mois, des sessions de
réflexion dans les différents camps et garnisons, afin que des politiques et
solutions soient proposées pour que la République reprenne ses titres de
noblesse en Guinée.
LES MAUX DE L’ARMEE
L’armée a à
combattre trois maux au sein des garnisons : l’indiscipline qui s’accompagne de
l’impunité, la corruption des gestionnaires et l’insécurité sous toutes ses
formes, y compris le non-respect des droits de citoyens et de soldats.
Les
solutions à proposer doivent permettre d’atteindre les objectifs d’amélioration
des conditions de vie et de travail du soldat, pour le plus grand bien de la
Nation. En même temps, il faudra penser à la meilleure manière de renforcer la
sécurité dans les quartiers et villages, sur les routes et aux frontières et, du
coup, ressusciter la sérénité du citoyen.
Chacun,
Civil et Militaire, doit apporter sa contribution au renouveau de notre armée,
en travaillant dur et sans répit, pour aborder les problèmes de notre nation
avec lucidité et responsabilité.
Évidemment,
c'est un processus complexe qui implique un niveau élevé de coordination entre
les différentes unités des Forces armée Guinéennes, d’une part, et entre les la
Hiérarchie militaire et les Autorités civiles, d’autre part, dans le respect de
la spécificité de l’Armée.
L’exercice
est important car il requiert la décentralisation et le renforcement de
l’autorité hiérarchique qui puise sa subsistance dans la rigoureuse discipline
de toute force armée digne de ce nom.
L’engagement à prendre ensemble est que l’Armée demeurera à la pointe du combat
pour le développement durable de la Guinée.
Il est de
tradition dans tous les pays, que l’Armée est le corps le plus discipliné de la
société humaine, donc un modèle de probité dans la bonne gestion des ressources
publiques, de la production agricole, de l’aménagement et la maintenance des
voies de communication et des édifices publics, ainsi que dans la fourniture des
soins de santé primaire.
Ce sont là
les tâches auxquelles la Patrie et la Nation convient l’armée et le
gouvernement, sous la Direction du Commandant en Chef des Armées, dans le
respect de la Loi Fondamentale et sous le contrôle de l’autorité civile.
COLLEGIALITE DANS L’EXERCICE DE POUVOIR
D’ETAT
Le Pouvoir
d’Etat doit s’organiser et s’exercer dans la collégialité. Le gouvernement doit
faire en sorte que les Partis Politiques soient constamment informés, souvent
associés et régulièrement consultés sur l’élaboration des politiques et
programmes. Ce faisant, ils seront avec le Gouvernement dans la recherche rapide
de solutions aux problèmes qui assaillent et étreignent douloureusement l’Armée.
Les autres
acteurs de la vie nationale ne doivent pas être tenus à l’écart, la société
civile doit être un partenaire de l’Etat et des Partis. Il convient de renforcer
les avenues d’une collaboration avec la société civile, pour qu’elle sorte de sa
timidité, qu'elle mobilise ses organisations autour d'actions ciblées et
planifiées, consistant à soutenir ou à combattre toute tendance à l'inertie, à
la pensée unique, et à l'opacité.
Elle doit
jouer un rôle central pour la réalisation des objectifs du Millénaires, en
servant de boussole, compas ou sextant aux populations et aux associations qui
veulent les y aider.
Le RGT est
respectueux du principe de l’opposition loyale et démocratique. Cela m’amène à
aborder le deuxième volet de cette déclaration.
II-
L’ORGANISATION DES PROCHAINES ELECTIONS.
Le RGT
rappelle que seul un système de gouvernance basé sur des institutions
démocratiques issues d’une expression libre et souveraine de la population, est
capable de garantir la paix, la stabilité et l’ordre public.
La règle
fondamentale de fonctionnement de la République est matérialisée par l’existence
d’un gouvernement représentatif. Cette règles est contenue dans la Loi
fondamentale sous la formulation de ‘’Gouvernement du Peuple, par le Peuple et
pour le Peuple’’.
Il s’ensuit
que la fonction première de l’élection est de permettre aux citoyens de choisir
librement et régulièrement leurs gouvernants et leurs représentants, aux
périodes fixées par la loi.
Est-il
besoin de répéter que l’élection est le seul mode légitime de délégation de
souveraineté et qu’elle constitue, la " soupape de sécurité " de toute société
démocratique ?
En effet,
le droit constitutionnel guinéen reconnait aux citoyens le pouvoir de
régulièrement exprimer leur mécontentement et démettre un élu, ou au contraire
de renouveler son mandat, évite que les désaccords politiques majeurs ne
prospèrent sur un autre terrain d’expression, précisément la rue, (comme c’est
le cas ces quatre dernières années) et d’autres modalités indésirables comme la
violence (dont celles qui secouent le pays depuis Juin 2005).
Nous devons
agir vite et bien, afin que le langage silencieux et pacifique des urnes taise
le langage bruyant et meurtrier des armes.
L’élection
est, à l’évidence, le moyen le plus efficace de prévenir et de régler les
crises politiques, de favoriser les changements pacifiques et de consolider la
démocratie et la bonne gouvernance.
C’est
pourquoi, le RGT urge tous les leaders qui ont le pouvoir d’Etat à accélérer en
parachevant les préparatifs de prochaines élections législative et
présidentielle, afin que celles-ci se tiennent ponctuellement.
A ce sujet,
le RGT fait remarquer que l’on n’administre pas par la séduction, mais par le
sens de la logique, de la cohérence, de la pratique de la consultation et
l'esprit de ''lois inviolables’’ ; en prêchant et payant par l'exemple dans des
actes et comportements sans équivoques, respectueux de principes rigoureux et
suivant une ligne politique et une discipline de gestion transparente et
féconde, capables de produire des résultats concrets, voulus et mesurables.
En
politique, on ne joue pas, on observe et applique les règles de neutralité de la
fonction publique ayant fait preuves ailleurs et reconnues universelles et
objectives. Il ne faut pas perdre son temps à vouloir réinventer, il faut plutôt
valoriser les ressources humaines et naturelles disponibles, sans restriction
mentale d'aucune sorte, sans atermoiements, sans complaisance et sans
discrimination et exclusion.
III- LA REFORME DE L’ADMINISTRATION
La loi de
la démocratie et ses application de décentralisation, de transparence et de
bonne gouvernance doivent présider à la réforme de l'Administration et à la
reconversion du comportement des agents de la fonction publique, en créant les
garanties de carrières et de rémunération propres à valoriser le travail et
éliminer la corruption et l'irresponsabilité.
La
décentralisation et la déconcentration de l’exercice du pouvoir d’Etat doivent
connaître la réalité des textes qui les prévoient et les régissent.
L’absence
de relais, découlant du dépouillement des structures intermédiaires et des
structures à la base de leurs compétences, a fait du Chef de l’Etat le seul
interlocuteur de tout mécontent ou pétitionnaire. Pour le bien de la République
une telle situation doit être éliminée, pour endiguer crises cycliques
paralysantes.
Tout
problème doit trouver sa solution au niveau de la structure à laquelle la loi a
dévolu compétence. L’esprit de responsabilité dans l’initiative et l’action doit
être cultivé et sans cesse renforcé.
A cet
effet, la reforme doit être fécondée et alimentée par une circulation fluide de
l'information, autant verticalement qu'horizontalement. La circulation sans
entrave de l’information demeure la source principale de l'efficacité de l'Etat
et de ses organes.
L'obligation de rendre compte doit être au centre de cette entreprise et devra
s'appuyer sur des critères de réarmement moral et motivation matérielle de l’élu
et du fonctionnaire.
REFORME DE LA JUSTICE
Le
ministère de la justice doit porter un regard patriote sur notre Justice et les
conditions d’indépendance véritable de la Magistrature. La Loi Fondamentale et
les lois organiques de 1991 ont prévu et organisé les mesures et critères de
garantie d’une bonne administration de la Justice. Ces textes restent encore
lettres mortes.
Les organes
de surveillance et de garanties de la discipline et de l’impartialité des juges
ne fonctionnent pas.
Le budget
alloué à ce secteur pour accomplir sa mission de garant des droits fondamentaux
et des libertés publiques ne cesse de se rétrécir comme peau de chagrin.
Les
magistrats continuent à percevoir un très bas traitement salarial, de très loin,
inférieur à celui des officiers de police judiciaire, leurs auxiliaires.
Les
tribunaux sont mal équipés et logés dans des Palais sordides qui ont subi les
assauts destructeurs des manifestants lors des événements qui ont bouleversé le
pays l’année dernière.
Le RGT
rappelle que l’attrait, le flux et la sécurité des investissements et des
activités économiques dépendent de l’efficacité et de la crédibilité de la
Justice qui doit demeurer un axe prioritaire d’efforts.
CONCLUSION
Le RGT,
parti du travail, conformément à la mission que la Loi Fondamentale a assignée
aux Partis politiques, apportera sa contribution à toute entreprise de
restauration de l’Etat, de construction de la démocratie et de la bonne
gouvernance et de réalisation des objectifs du développement durable pour le
plus grand bonheur du peuple de Guinée.
Les
obstacles les plus difficiles à surmonter proviendront de l’administration, en
particulier celle qui gravite à la Présidence et qui prend le fonctionnement des
services publics en otages. De ce côté, les gouvernants devraient nettoyer les
‘’écuries d’Augias’’, travail herculéen.
L’apparition brutale sur la scène publique guinéenne de ‘’COPLAN’’, bras
séculier du CLAN de la Présidence, crée une situation délétère qui semble avoir
muselé tous les acteurs de la vie politique.
L’impression est que tout le monde semble devenir ‘’Ponce Pilate’’ ou ‘’Jacques
le fataliste’’. Or le moment est à l’action et à la vigilance.
Le
phénomène ``COPLAN``, car il ne faut plus regarder l’individu, mais considérer
la réalité qui s’abrite derrière lui, profile l’ombre maléfique de dangers
imminents aux conséquences prévisibles mais incalculables pour la démocratie,
pour la République et pour l’armée.
``COPLAN’’
ne mesure pas le péril qu’il constitue pour la nation et le silence coupable
des Partis et des Syndicats l’encourage et l’enhardit dans ses démonstrations
mégalomanes qui signifient la destitution des officiers, la mort de l’Etat et
des lois.
En
attendant, le Gouvernement doit consacrer une importante partie de son énergie à
rendre possible la tenue des élections législatives dans les délais prévus et
dans les meilleures conditions d’organisation, en prélude aux élections
présidentielles.
Le RGT
invite toutes les forces de progrès à s’unir pour conjurer ce danger et amener
l’armée à limiter ses activités aux seules missions qui sont légalement les
siennes.
Veuille
Dieu soutenir la Guinée et bénir ses fils de bonne volonté qui s’attachent à son
épanouissement et son développement.
Réalisation
pour Kibarou
Lamine
Sununu Kaba
Koumbassa Alassane.
Version Imprimable
|